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Quand on pense à l’enseignement des mathématiques, l’une des choses qui m’apparaît extrêmement importante, 

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c’est de cesser la fausse dichotomie entre l’apprentissage par le jeu et le soi-disant apprentissage scolaire ou autre forme d’apprentissage.

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De choisir une perspective du débat ou l’autre est, à mon avis, très nuisible à la fois pour le personnel enseignant et pour les enfants. 

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Par exemple, si les personnes qui choisissent l’apprentissage par le jeu, insistent pour n’introduire aucune forme de connaissances théoriques auprès des enfants et pensent que les enfants ne devraient que jouer, 

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elles font en sorte que les enfants n’acquièrent souvent même pas une forme supérieure de jeu sociothéâtral, 

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soit le jeu qui permet d’acquérir véritablement des habiletés sociales, des habiletés émotionnelles, des habiletés d’autorégulation parce que la recherche est très claire à ce sujet:

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ces habiletés se développent le mieux lorsque le jeu est guidé et amélioré par le fait même que les enfants prévoient le jeu, en parlent et déterminent des rôles à jouer. 

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De plus, dans ce genre de jeu, les enfants découvrent souvent des idées mathématiques intéressantes, mais seulement au niveau intuitif. 

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Les enfants qui possèdent le moins d’expérience antérieure en mathématiques sont justement ceux qui doivent parler des mathématiques, qui doivent acquérir le langage des mathématiques.  

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Donc, bien que je sois pleinement en faveur du jeu, une version extrême qui dit qu’on ne peut rien faire sauf laisser les enfants se débrouiller, une méthode non interventionniste de laissez-faire dans laquelle les enfants se contentent de jouer, 

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ne développe pas, ironiquement, le meilleur curriculum par le jeu qui puisse exister.

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Par ailleurs, une version extrême qui dit que le jeu est une perte de temps pour les enfants, qu’il faut faire acquérir des notions scolaires, même si l’on inculque de force le curriculum des premières années d’études, 

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ce n’est pas non plus les meilleures mathématiques pour les enfants.

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Cette méthode tend à devenir une approche très mécanique et procédurale des mathématiques, 

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qui ne développe pas les fondements de la pensée informelle si importants en mathématiques.

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Comment alors faut-il considérer le jeu en classe? Eh bien, une bonne classe de mathématiques chez les petits comprend toutes sortes d’expériences d’apprentissage différentes. 

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Selon de nombreux organismes de la petite enfance, il y a un continuum entre le jeu très libre et les expériences modulées beaucoup plus guidées de la part des enfants. 

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Toutes ces méthodes sont, en fait, ce dont nous avons besoin pour enseigner de bonnes mathématiques. 

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Donc, jouer avec des blocs, absolument. Jouer avec des blocs lorsque l’éducatrice ou l’éducateur comprend qu’il existe des trajectoires d’apprentissage, 

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des séquences d’habiletés que les enfants mettent en pratique en construisant avec des blocs, c’est encore mieux.

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Permettez-moi de vous donner un exemple. On sait très bien depuis l’époque d’Eric Erikson que les garçons tendent à bâtir de grosses tours lorsqu’ils construisent avec des blocs et que les filles ont tendance à faire de grandes enceintes. 

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Eric Erikson, qui était de l’époque postfreudienne, a déduit certaines conclusions évidentes à ce sujet, mais les chercheurs ont depuis ce temps observé que ce n’est pas tellement cela, 

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mais plutôt le fait que les garçons aiment être des ingénieurs. Ils aiment voir jusqu’à quelle hauteur ils peuvent monter et bâtir ces types de construction, 

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alors que les filles ont tendance à faire des enceintes dans lesquelles des personnages interagissent et font des choses intéressantes.

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Nous ne voulons pas enlever cela aux filles. Nous ne voulons pas forcer les filles à faire ce que font les garçons. 

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Nous voulons, cependant, que les filles développent des habiletés spatiales parce que c’est là une des différences entre les sexes qui tend à être assez constante.

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Les filles n’obtiennent pas d’aussi bons résultats pour certaines habiletés spatiales que les garçons obtiennent très souvent. Alors, comment faire? 

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La recherche montre que si l’on met les filles au défi en les aidant un peu lorsqu’elles montent ces constructions, on peut obtenir un grand nombre des mêmes avantages qu’obtiennent les garçons avec leurs tours.

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Par exemple, elles bâtissent une enceinte et vous dites: «Oh, c’est joli. Explique-moi un peu.» Les filles disent alors que c’est une maison et qu’une famille y vit. 

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Vous dites: «Comment vois-tu l’extérieur? Je me demande si cette maison pourrait avoir des fenêtres.» 

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Et tout d’un coup, elles se mettent à bâtir des arches au-dessus du mur, à mettre une fenêtre et à développer les mathématiques et les sciences que font acquérir les arches.

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«Qu’est-ce que c’est?» «C’est une rivière.» «Eh bien, comment traverse-t-on la rivière sans se mouiller?» «Oh.» Maintenant, les filles construisent une jetée jusqu’à un pont et des arches doubles et tout ce genre de choses. 

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Selon la recherche menée par Beth Casey, si l’on agit de la sorte, si l’on suit une trajectoire d’apprentissage et qu’on fait ces suggestions aux filles, qu’on les met au défi dans le contexte de leur jeu naturel, 

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on comble le fossé entre les garçons et les filles pour ce qui est des habiletés spatiales parce qu’elles acquièrent aussi des notions scientifiques et mathématiques dans l’espace tout en jouant,

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avec très peu d’intervention de l’éducatrice ou de l’éducateur, mais très axée sur la trajectoire d’apprentissage de la construction avec des blocs.